Cette page grossissant à vue d’oeil (ou presque :), voici un petit sommaire :
1/ Quelques repères historiques et personnages clé du jazz afro-cubain et latin jazz, cubop, salsa.
2/ Une compilation de solos de trompette repérés dans des chansons de divers groupes salsa et latino souvent contemporains dont je suis fan, et tous remarquables !
2/ Quelques vidéos impressionnantes de trompettistes en live.
3/ Une “trumpet’playlist” avec quelques musiques et musiciens que j’affectionnent tout particulièrement.
4/ Un zoom sur Maite Hontelé, “trompetista de Salsa Dura”, et son feeling à couper le souffle !
5/ Des vidéos reprises dans des films sur Cuba ou des biopics, notamment le célèbre air Beautiful Cuba présent dans le film Adieu Cuba (ou The Lost City pour la version originale).
6/ Ma contribution personnelle… à ce propos, allez vite découvrir ma page consacrée au mouvement #streettrumpet !
Les origines de la salsa sont complexes et multiples, basées sur différents genres musicaux latins et afro-cubains (si vous n’êtes pas convaincu jetez un coup d’oeil sur cet “arbre généalogique” !). C’est en réalité la combinaison des cultures Africaines, Espagnoles et indigènes d’Amérique latine qui a créé cet héritage unique de musique et de danse.
La salsa puise en grande partie ses sources dans ce qu’on appelle le “latin jazz”, et donc dans le jazz, lui même issu du blues qui prend racine dans le Sud des Etas-Unis à la fin du 19ème siècle. C’est grâce à quelques musiciens américains de jazz, de Jelly Roll Morton à Duke Ellington en passant par Dizzy Gillespie, que ce “son latin” afro-cubain se mêle au jazz américain pour créer un puissant mariage musical. Dans les années 1940 et 1950, à partir du moment où des musiciens Cubains se mêlent aux musiciens New Yorkais, la boucle est bouclée. En associant les traditions musicales du Nord, du Sud et de l’Amérique centrale, le latin jazz met en valeur une grande diversité musicale et permet de trouver un terrain d’entente. Mes sources, pour en savoir plus sur le jazz.
Afro-Cuban jazz celebrates a collective musical history. Through its percussive beat, it unites ragtime, blues, swing, and the various grooves of Cuban music. It proclaims our shared musical heritage. — Wynton Marsalis
Voilà une vidéo qui réunit ces deux légendes, dans laquelle ils nous offrent un mambo exceptionnel :
On termine cette partie en beauté avec le trompettiste du fameux Buena Vista Social Club, rien de moins que l’un des groupes de musique cubain le plus connu au monde. Découvrez le reportage qui retrace la longue carrière de Manuel Guajiro Mirabal, et son aboutissement avec la sortie d’un album qui lui est dédié :
Etant moi-même trompettiste j’aime repérer les performances des musiciens dans à peu près tout ce que j’écoute. Voici un petit montage de quelques solos de trompette dans diverses musiques salsa, et plus généralement latino :
Remarque : Youtube propose une fonctionnalité très intéressante, surtout dans ce cas de cette vidéo. Dans le commentaire de la vidéo sur youtube, cliquez sur l’heure devant les musiques et vous arrivez directement sur l’extrait concerné !
La même musique uploadée sur Grooveshark :
Et le détail des musiques :
- [00:05] Arturo Sandoval - A Mis Abuelos [extrait de 00 28 à 01 04]
- [00:42] Buena Vista social club - Chan chan [extrait de 02 40 à 03 02]
- [01:04] Marc Anthony - Hasta Ayer [extrait de 01 37 à 01 55]
- [01:21] Arturo Sandoval - A Mis Abuelos [extrait de 02 38 à 03 20]
- [02:04] Calle Real - Hoah [extrait de 02 45 à 02 56]
- [02:15] Buena Vista social club - Pueblo Nuevo [extrait de 04 24 à 05 06]
- [02:57] Gloria Estefan - Oye me canto [extrait de 03 43 à 04 16]
- [03:23] El Gran Combo - El Viento Me Da [extrait de 04 22 à 04 41]
- [03:42] Marc Anthony - Me conoces [extrait de 01 43 à 02 01]
- [04:00] Sonora Carruseles - Ave Maria Lola [extrait de 03 27 à 03 45]
- [04:19] Calle Real - El Anillo [extrait de 00 06 à 00 35]
- [04:48] Marc Anthony - Preciosa [extrait de 04 44 à 05 06]
- [05:10] Gloria Estefan - No me dejes de querer [extrait de 03 02 à 03 25]
- [05:33] Joe Arroyo - Rebelion [extrait de 02 56 à 03 29]
- [04:00] Timbalive - De Miami a La Habana [extrait de 04 55 à la fin]
D’autres solos à rajouter à cette vidéo ASAP :
- Ruben Blades - Paula C [à partir de 05:26]
- Poncjo Sanchez - Besame Mama [à partir de 01:54]
- Manuel “El Guajiro” Mirabal de BVSC - Canta Montero [à partir de 03:13]
- Besame Mama - Los Sanchez [à partir de 01:54]
- Los Van Van - La Rumba No [à partir de 05:18]
- La Sonora Libre - El Barrio [à partir de 03:37]
- Rodrigo Y Gabriela & CUBA - Hanuman [à partir de 04:57]
- Tumbao Habana - La Familia Cubana [à partir de 04:32]
- Mamborama - Es Solo Musica [à partir de 01:35]
- Havana d´Primera - Las Cosas De Un Amigo [à partir de 05:00]
- Alexander Habreu Y Havana d´Primera - Vivencias [à partir de 03:00]
Quelques solos d’autres instruments non négligeables (!) :
- flûte : Irakere - Boliviana [à partir de 03:45]
- trombone : Los Van Van - Anda Ven Y Muévete [à partir de 04:55]
- clarinette : La 33 - Ten Cuidado [à partir de 01:48]
Quelques solos de trompette exceptionnels en live :
- le trompettiste Jhon “Juanito” Walsh se lâche lors d’un live du groupe Spanish Harlem Orchestra (la vidéo est calée sur la trompette mais tous les solos qui s’enchaînent sont exceptionnels !)
- Une puissance et un contrôle de l’aigu impressionnant du trompettiste Joseph Motter, qui se produit ici avec Johnny Polanco
- un solo puissant de l’artiste Alexander Abreu, connu pour avoir formé le groupe Havana D’Primera mais avant tout trompettiste, qui accompagne ici à la trompette le chanteur Raul Torres
- un second solo de Alexander Habreu plus jazzy, et plus à l’image du style “smooth” du groupe Havana D’Primera
- Pour finir cette partie live en beauté, un dernier solo (et pas des moindres) de Alexander Habreu ! Un show auquel j’ai eu la chance d’assister, puisque c’était durant le concert de Havana D’Primera au New Morning à Paris fin juillet 2012, juste énorme !
Découvrez maintenant ma “trumpet’playlist” avec quelques musiques et musiciens que j’affectionnent tout particulièrement, pas forcément du monde de la salsa, notamment le légendaire Doc Severinsen, le funky Roy Hargrove ou l’étonnant Ibrahim Maalouf plus récemment :
Une découverte toute fraîche (février 2012 FYI) en la personne de Maite Hontelé, une trompettiste d’origine hollandaise qui a étudié les musiques latines au Conservatoire de Rotterdam, en s’intéressant tout particulièrement à la salsa. En effet elle jouait déjà dans un groupe de salsa à 14 ans ! Contrairement aux solos impressionnants par leur puissance et leurs notes (sur)aigües, j’ai été conquis par les morceaux “smooth” et sensuels de Maite. Vivant actuellement à Medellin en Colombie, elle partage son temps entre concerts en solo et avec son groupe, et a déjà sorti deux disques (Llego la Mona en 2009 et Mujer Sonora en 2010).
Ci-dessous un superbe solo en live avec le groupe Conjunto Chapotin [à partir de 00:53] :
Encore un solo et un feeling exceptionnel lors de sa prestation au Festival medellín de Jazz en septembre 2009 :
Une vidéo de meilleure qualité et plus récente avec son groupe pour le titre “La Vida Tiene Sabor”, déjà un tube qui passe dans les clubs salsa parisiens :
Dans la même veine, voilà la “Charanga pa’ Maite” et le clip en live :
Son dernier clip en date (août 2012), en compagnie du groupe Son de la Nubia :
Pour en apprendre plus sur cette “trompetista” :
- sa chaîne Youtube : http://www.youtube.com/user/LaMonaMaite
- son site officiel : http://www.maitehontele.com/
- /!\ des vidéos du concert qu’elle a donné à Amsterdam auquel j’ai eu la chance d’assister /!\
Voici maintenant les extraits et images de films et biopics, avec pour commencer des images du film The Lost City (ou Adieu Cuba pour la version française) de et avec l’acteur Andy Garcia, qui joue un propriétaire de night-club cubain dans les années cinquante, durant la période de transition agitée entre la dictature de Fulgencio Batista et le régime communiste de Fidel Castro. L’arrivée au pouvoir de ce dernier entraînera l’exil du gérant à New York. Cette magnifique musique appelée Beautiful Cuba est jouée par le trompettiste cubain Alfredo “Chocolate” Armenteros :
Les extraits suivants proviennent du film For Love Or Country, le film évoqué dans la première partie, où l’histoire du trompettiste cubain Arturo Sandoval et de son combat contre la censure communiste. Pour jouer librement hors du régime communiste dépendant alors de la Russie et du “Che” dans lequel toute musique américaine était proscrite, il va tout faire pour se libérer de ce carcan et jouer du jazz inspiré à l’époque et dans ce film par Dizzie Gillespie. Ce dernier, sous le charme des rythmes et de la musique afro-cubaine incarnés dans ce film par le percussionniste Chano Pozo, va décider d’intégrer des musiciens cubains à son groupe, et le jazz qu’on connaissait jusque là en sera modifié pour devenir un jazz plus riche imprégné de musique et rythmes afro-cubains.
Le premier extrait est une scène de séduction en musique, avec Arturo qui compose et joue une musique pour Marianela dans un stade de base-ball, une fervente communiste dont il tombe amoureux :
Le second extrait raconte la découverte par Dizzy Gillespie des plus talentueux des musiciens cubains, dont le saxophoniste Paquito D’Rivera et bien entendu de Arturo Sandoval. La musique est une reprise du célèbre A Night In Tunisia, et qui débouche sur un duo inédit de ces deux trompettistes de légende :
Le dernier extrait raconte en musique, via le morceau Manteca, un passage agité de la vie de Arturo Sandoval. Le moment où il n’est pas certain de pouvoir continuer sa tournée européenne avec Dizzy, avec la crainte d’un retour à Cuba forcé pour lui et sa famille alors réfugiée à Londres (sauf l’aîné de ses fils qui est resté à Cuba), et qui mènerait à son emprisonnement pour désertion. On apprend que c’est grâce aux relations haut placées de Dizzy que Arturo peut rester sur le territoire américain et jouer sa musique librement :
Allez, on attaque maintenant la partie perso. Rien de bien méchant… Pour commencer je partage sur cette page une tentative de transcription du solo La Primera Dama de Maite Hontelé (la vidéo du live est visible un peu plus haut sur cette même page), avec à la clé… une “take one” au chaud pour commencer, et voilà la “take two” en plein air ! Pas parfait mais par coeur cette fois, tout de même… J’introduis par la même occasion ma nouvelle passion, la trompette en plein air ou “open air trumpet”, ou encore street-trumpet ! Ici au Stade de France (à côté, pas dedans…), tout simplement ;)
Et pour terminer sur cet air, le “take three” au même tempo que l’originale et avec la musique du live en fond :
Un autre extrait “open air”, juste pour le plaisir de jouer sans sourdine et sans déranger personne, a priori. Avec ici un hommage au grand Doc Severinsen, un trompettiste au son chaud et inimitable, et son arrangement de Georgia On My Mind :
Une dernière vidéo #streettrumpet, la petite dernière d’ailleurs, un ”Feeling good” improvisé :)
Et pour bien terminer cette page dédiée à la trompette, un petit délire “trompetist’ique” perso (non pardon, en duo plutôt, la personne concernée se reconnaîtra !) élaborée par mes soins, sur la musique Aguanile chantée par Marc Anthony dans le film El Cantante, très bon film retraçant une partie de la vie du célèbre “cantante” Hector Lavoe :